Culte (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XV e siècle. Emprunté du latin classique cultus, « action de cultiver, de soigner, et, spécialement, d'honorer (les dieux, ses parents) », de cultum, supin de colère, « cultiver, honorer, adorer ».
1. Hommage que l'on rend au divin par des actes de religion ; piété à l'égard de ce qui est sacré. Culte intérieur, sentiment intime d'adoration ou de vénération. Culte extérieur, manifestations rituelles du sentiment religieux. Le de Jupiter. Les fêtes auxquelles donnait lieu le dionysiaque. Les fidèles, réunis en petites assemblées, rendaient un à Mithra. Le des ancêtres, des dieux familiaux. Après leur apothéose, les empereurs romains devenaient l'objet d'un . Le des idoles, des faux dieux. Le du vrai Dieu. Culte de latrie, dû à Dieu seul. Culte de dulie, rendu aux anges, aux saints et aux bienheureux. Culte d'hyperdulie, rendu à la Vierge Marie. Par ext. Le des reliques.
2. Ensemble des cérémonies et des rites établis par une religion. La célébration traditionnelle d'un domestique. Les sacrifices et les offrandes que comportait le public. L'exercice du . Les objets du , nécessaires à la célébration des cérémonies et à l'accomplissement des actes religieux. Un ministre du , un prêtre, un pasteur, un rabbin, etc. Une église rendue au . Spécialt. Le du dimanche. Denier du , voir .


Le service divin. Le pasteur préside le . Par ext. La religion considérée dans son organisation sociale et ses manifestations publiques. L'État ne subventionne aucun . La Constitution garantit la liberté des s, le libre exercice des s. Avant 1905, date de la séparation de l'Église et de l'État, il y avait des s reconnus : catholique, réformé, luthérien, juif. Interdire, abolir, rétablir un . La religion, entendue comme pratique d'un fidèle. Changer de . Renoncer, revenir au de ses pères.
3. Par affaibl. Vénération, respect qui prend un caractère presque sacré pour quelqu'un ou pour quelque chose. Cet enfant a un pour sa mère. Un écrivain qui voue un à son vieux maître. Vouer un à la mémoire d'un héros. Avoir le de la patrie, de la tradition, de l'honneur. Le du beau langage. Péj. Culte de la personnalité, hommages outranciers rendus à la personne du chef suprême d'un État totalitaire et, par ext., égards excessifs accordés à un dirigeant politique ou syndical.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Honneur qu'on rend à la divinité par des actes de religion. "Culte divin. Culte religieux. Le du vrai Dieu. Le des faux dieux. Le de Jupiter. Le public. L'exercice du . Les cérémonies du culte. Les différents s. La liberté des s. Interdire, abolir, rétablir un ."
Il se dit aussi de l'Honneur que l'on rend à la Vierge et aux saints.
"Le extérieur," Les cérémonies religieuses qui se pratiquent en public, par opposition au "Culte intérieur," Celui qui est rendu à Dieu par chaque chrétien au-dedans de lui- même.
En termes de Théologie, "Culte de latrie de dulie, d'hyperdulie." Voyez ces mots.
Il se prend quelquefois pour Religion. "Changer de . Renoncer, revenir, retourner au de ses pères. Il ne pratique, il ne suit aucun ."
Il se dit aussi figurément d'une Grande admiration, d'une vénération ou même d'une tendresse profonde. "Cet enfant a un pour sa mère. Ils ont voué un à sa mémoire. Avoir le du drapeau, le de la patrie, le de la tradition."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Honneur qu'on rend à la divinité. Le du vrai Dieu. Le divin. Les théologiens distinguent trois sortes de : celui de latrie qui n'appartient qu'au souverain être ; celui de dulie, qui se rend aux saints ; et celui d'hyperdulie qu'on doit à la sainte Vierge.
BOSSUET: « La réponse des Juifs était aisée : Les illusions des magiciens n'ont jamais un effet durable, ni ne tendent à établir, comme a fait Moïse, le du Dieu véritable et la sainteté de vie »
BOSSUET: « Quel est cet aveuglement dans une âme chrétienne, et qui le pourrait comprendre, d'être incapable de manquer aux hommes et de ne craindre pas de manquer à Dieu ; comme si le de Dieu ne tenait aucun rang parmi les devoirs »

 2   Dans les religions polythéistiques, honneurs qu'on rend aux dieux. Le des idoles, des faux dieux. Les Chinois rendent à leurs ancêtres une espèce de .
BOSSUET: « Qui oserait raconter les cérémonies des dieux immortels et leurs mystères impurs ? Leurs amours, leurs cruautés, leurs jalousies et tous leurs autres excès étaient le sujet de leurs fêtes, de leurs sacrifices, des hymnes qu'on leur chantait, et des peintures que l'on consacrait dans leurs temples ; ainsi le crime était adoré et reconnu nécessaire au des dieux »
BOSSUET: « Platon, qui voyait la Grèce et tous les pays du monde remplis d'un insensé et scandaleux, ne laisse pas de poser comme un fondement de sa république, qu'il ne faut jamais rien changer dans la religion qu'on trouve établie et que c'est avoir perdu le sens que d'y penser »
BOSSUET: « Ces enseignes étaient aux soldats un objet de »
BOSSUET: « Il se mêlait de la politique dans les honneurs qu'ils [les païens] rendaient à Jésus-Christ : ils prétendaient qu'à la fin les religions s'uniraient et que les dieux de toutes les sectes deviendraient communs ; les chrétiens ne connaissaient pas ce mêlé et ne méprisèrent pas moins les condescendances que les rigueurs de la politique romaine »
RAC.: « Ne descendez-vous pas de ces fameux lévites Qui, lorsqu'au dieu du Nil le volage Israël Rendit dans le désert un criminel.... »
    Fig. Se vouer au des muses, s'adonner à la poésie, aux arts libéraux.

 3   Religion considérée dans ses manifestations extérieures. Interdire, abolir, rétablir un . La liberté des s.
ROLLIN: « Après avoir marqué que les Romains avaient honoré les dieux sans statues pendant plus de 170 ans, Varron ajoute que, si l'on avait conservé cette coutume, le des dieux en serait plus pur et plus saint »
J. J. ROUSS.: « Moins un est raisonnable, plus on cherche à l'établir par la force »
J. J. ROUSS.: « Ne confondons point le cérémonial de la religion ; le que Dieu demande est celui du coeur, et celui-là, quand il est sincère, est toujours uniforme »
VOLT.: « Je lui dirai le où mon coeur est lié »
VOLT.: « Pour un de ces tyrans que notre abhorre »
    Le extérieur, les cérémonies qui se pratiquent au dehors des temples.
RAYNAL: « La religion des Natchez se bornait à l'adoration du soleil ; mais cette croyance était accompagnée de beaucoup de , et, par conséquent, suivie de mauvais effets »
    Le domestique, les prières, les lectures pieuses, etc. qui se font en commun dans la famille.

 4   Par extension, vénération profonde. Ils rendaient à sa mémoire une sorte de .
HAMILT.: « Impatient des s qu'on rend à la fortune d'un ministre »
SAINT-SIMON: « Fagon aimait en tout la médecine jusqu'au »
M. J. CHÉN.: « Oui, j'eus pour Scipion Ce qu'il est doux d'accorder au génie »
DELILLE: « Eh ! qui pourrait compter tous les s divers Qui font de l'intérêt le dieu de l'univers ? »

REMARQUE
    Vaugelas observe que est fort nouveau dans la langue ; que Coeffeteau n'en a jamais usé, le rejetant à cause de sa rudesse et de la mauvaise équivoque, et que plusieurs personnes de la cour, hommes et femmes, le condamnent et ne le peuvent souffrir ; mais pourtant qu'il est employé par les meilleurs écrivains, Bossuet, Bourdaloue, Fléchier, etc. Culte a heureusement triomphé de tous ces obstacles.

ÉTYMOLOGIE
    Lat. cultus, de cultum, supin de colere, cultiver.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


L'honneur qu'on rend à Dieu par des actes de religion. "Culte divin. Culte religieux. Le du vrai Dieu. Le public. L'exercice du . Les cérémonies du . Les différents s. La pompe du catholique. La simplicité du protestant. La liberté des s. Interdire, abolir, rétablir un . Il ne pratique, il ne suit aucun ."
"Le extérieur," Les cérémonies religieuses qui se pratiquent hors des temples, dans les rues ou dans les champs.
"Le domestique," Les prières, les lectures pieuses, etc., qui se font en commun dans l'intérieur de la famille.
En Théol., "Culte de latrie," Le d'adoration que l'on rend à Dieu seul. "Culte de dulie," Le de respect et d'honneur que l'on rend aux saints. "Culte d'hyperdulie," Le que l'on rend à la sainte Vierge.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi en parlant De l'idolâtrie. "Le des idoles. Le des faux dieux. Un profane. Le de Jupiter, de Minerve, etc. Homère eut longtemps un dans la Grèce. Les Chinois rendent à leurs ancêtres une espèce de ."
Fig. et poétiq., "Se vouer au des Muses," S'adonner à la poésie, aux lettres.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se prend quelquefois pour Religion. "Changer de . Renoncer, revenir, retourner au de ses pères."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi quelquefois d'Une grande admiration, d'une vénération profonde. "Modèle de piété filiale, il vouait un à sa mère. Elle est pour son amant l'objet d'un véritable . Ils rendaient à sa mémoire une sorte de . Il rend aux anciens une espèce de ."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)



mascul. L'honneur qu'on rend à Dieu par des actes de Religion. "Culte Divin. CulteReligieux".
On appelle dans la Théologie, "Culte de Latrie," Le d'adoration qu'on rend à Dieu seul; "Culte de Dulie," Le cuite de vénération qu'on rend aux Saints; et, "Culte d'Hyperdulie," Le qu'on rend à la Sainte Vierge.
On dit, en parlant De l'Idolatrie: "Le des Idoles. Le des faux Dieux. Les Chinois rendent à leurs ancêtres une espece de ".
On dit d'Un admirateur des Anciens, qu'"Il a pour eux une espèce de culte".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



L'honneur qu'on rend à Dieu par des actes de Religion. "Culte Divin. Culte religieux."
On appelle dans la Théologie, "Culte de Latrie," Le d'adoration qu'on rend à Dieu seul. "Culte de Dulie," Le de vénération qu'on rend aux Saints. Et, "Culte d'Hyperdulie," Le qu'on rend à la sainte-Vierge.
On dit, en parlant de l'Idolâtrie, "Le des Idoles. Le des faux Dieux."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

[2e "e" muet.] L' honeur qu'on rend à Dieu par des actes de religion. "Culte" divin, "culte" religieux.
   "Rem." Ce mot ne se dit qu'à l'égard de la Divinité. Mde. "Dacier", dans une note de sa Traduction de l'Iliade, cite un passage de Platon, qui dit: 'Les Pères font descendre toute sorte de bénédictions sur leurs enfans, qui "leur rendent le " qui leur est dû. Le mot est très-impropre.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. masculin 


L'honneur qu'on rend à Dieu par des actes de Religion. "Culte divin. religieux".
On appelle dans la Theologie, "Culte de latrie," Le d'adoration qu'on rend à Dieu seul. "Culte de dulie," Le de veneration qu'on rend aux Saints Et, "Culte d'hyperdulie," Le qu'on rend à la sainte. Vierge.
On dit en parlant des payens, "Le des idoles. le des faux Dieux".




Emplacement dans le dictionnaire :

culminer
culot
culotté
culotte
culotter
culotteur
culottier
culottin
culpabilité

cultisme
cultivable
cultivateur
cultivé
cultiver
cultuel
cultural
culture
culturel
culturellement
cumin




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...tout abandonne, je veux goûter, avec le tabac, le berceur extrême automne. 5e LIVRE (VI) Me faudra-t-il l'horreur de l'écume et du vent, et la bruyère et le mystère, pour dire ta louange, à ton culte fervent, nuit fourmillante et solitaire ? Quand la ville s'endort sous tes voiles flottantes, c'est assez d'ouvrir ma fenêtre : comme sur un grand fleuve, énorme, tu t'étends, nuit, secrète nuit, en...


Citation n°2 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...je veux me rappeler sans cesse qu'un jour, guidé par l'amitié, ravi, j'ai contemplé ton visage, ô déesse, perdu sous la mousse à moitié. Que n'est-il demeuré, cet ami que je pleure, ô nymphe, à ton culte attaché, pour se mêler encore au souffle qui t'effleure, et répondre à ton flot caché ! 6e LIVRE (II) Solitaire et pensif j'irai sur les chemins, sous le ciel sans chaleur que la joie abandonne, et,...


Citation n°3 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...à chaque instant, ces remords de ne pas faire mes devoirs... entre les feuillages retombants, j'apercevais, de tout près, ce frais bassin, entouré de grottes lilliputiennes, pour lequel j'avais un culte depuis le départ de mon frère. Sur sa petite surface réfléchissante, remuée par le jet d'eau, dansaient des rayons de soleil, -qui remontaient ensuite obliquement et venaient mourir à ma voûte de...


Citation n°4 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...bible et l'évangile, m'enlevaient des parcelles de leur grande poésie sombre et douce. Il était déjà très difficile de toucher à ces choses, devant un petit esprit comme le mien, sans les abîmer. Le culte de chaque soir en famille ramenait seul en moi un vrai recueillement religieux parce qu'alors les voix qui lisaient ou qui priaient m'étaient chères, et cela changeait tout. Et puis, de mes...


Citation n°5 de Pierre LOTI (Pêcheur d'Islande)

...racontant aussi des histoires chaudes qu'ils ont abritées, des aventures anciennes d'audace et d'amour. Et un sentiment religieux, une impression de passé, planant sur tout cela, avec un respect du culte antique, des symboles qui protègent, de la vierge blanche et immaculée. à côté des cabarets, l'église au perron semé de feuillages, tout ouverte en grande baie sombre, avec son odeur d'encens, avec...


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